LA
FETE DES TABERNACLES

Nous souhaitons une joyeuse fête de Souccot
à tous nos amis Juifs Israéliens à tout Israël. Pour cette occasion
nous reproduisons un article de M. Edersheim [historien biblique].
Cette fête fut instituée à l'époque où les Juifs quittèrent le désert
pour prendre possession de la Terre de la Promesse. Elle commémorait la
vie dans le désert et l'entrée en Canaan où ils eurent le privilège
de jouir de leur héritage et de disposer de lieux d'habitations plus
importants. C'était véritablement la fête de la Nouvelle Année, et
en quelque sorte une occasion d'action de grâces pour la récolte ou la
moisson de l'année Ex. 23 : 16 ; Lév. 23 : 33 - 44.
« A Jérusalem, des cabanes étaient érigées en tous lieux, dans
la cour et sur le toit, dans la rue et sur la place. Ces tonnelles, ou
cabanes, étaient faites de branches d'arbres — olivier, palmier,
myrte, pin, saule, etc. Personne ne logeait chez soi, mais tous vivaient
dans ces cabanes — toutes les personnes de la ville et les multitudes
venant de la campagne. Toutes distinctions de rang, toute séparation
entre riche et pauvre, étaient oubliées pour un temps, car chacun
avait une demeure aussi convenable que celle de son voisin.
« Chaque matin, une joyeuse procession, accompagnée de la
musique, descendait à la Piscine de Siloé et puisait, dans une cruche
d'or, de l'eau qui était déversée sur l'autel parmi les alléluias.
« La nuit, quatre chandeliers d'or, munis chacun de quatre globes
en or pour éclairer, étaient situés au centre du parvis, et la lumière
qui en émanait était visible de toute la ville. Tout autour de ces
lumières des hommes pieux dansaient devant le peuple, tenant dans leurs
mains des flambeaux allumés, chantant des hymnes et des chants de
louange, tandis que les Lévites, postés sur les quinze marches
[correspondant aux quinze cantiques des degrés ou marches Psaumes
122-134] conduisant au parvis des femmes dans le Temple, accompagnaient
les chants de musique instrumentale.
« L'illumination du Temple était symbolique de la lumière qui
devait briller à l'extérieur de celui-ci dans la sombre nuit du
paganisme ; ensuite, à la première lueur du matin, il y avait les
sonneries des trompettes d'argent des sacrificateurs, de l'armée de
Dieu, alors qu'elle progressait au son des trompettes et des cris de réjouissance
pour réveiller les dormeurs et exprimer de très solennelles
protestations contre le paganisme ».
« CETTE
GRANDE JOURNEE DE LA FETE »
Le dernier de ces sept jours de la fête était appelé le Grand Jour.
C’était au cours de celui-ci que toute la cérémonie d'allégresse
et de réjouissance atteignait son apogée. De nouveau, nous glanons de
M. Edersheim et d'autres, ce qui suit :
« Selon la tradition juive, la colonne de nuée le jour et de feu
la nuit, symbolique de la présence et de la direction de Dieu, apparut
en premier lieu à Israël le quinzième jour de Tishri, le premier jour
de la fête. On pense que ce fut ce jour-là que Moïse descendit de la
Montagne et annonça aux Juifs que le tabernacle de Dieu devait être édifié
au milieu d'eux. Nous remarquons que ce fut à cette fête qu'eut lieu
la dédicace du Temple de Salomon sur lequel descendit la gloire de la
Shekinah 1 Rois 8 ; 2 Chron. 7.
« Le dernier, le grand jour de la fête, représentait le summum
de toute cette symbolisation. Tôt le matin, les gens, avec la pomme du
Paradis (une orange) dans leur main gauche et des branches dans leur
main droite, marchaient au son de la musique en une procession conduite
par le sacrificateur ; celui-ci portait une cruche d'or pour puiser de
l'eau de la Piscine [ou réservoir] de Siloé, au sud du Temple. Ayant
rempli la cruche d'or à cette fontaine, il la rapportait dans le parvis
du Temple au milieu des cris de la multitude et des sons de cymbales et
de trompettes. Le retour était organisé de telle sorte que la
procession devait arriver juste au moment où d'autres sacrificateurs déposaient
les morceaux des sacrifices sur l'autel des holocaustes, lorsque
l'office ordinaire pour le sacrifice arrivait à sa fin.
« Lors
de chacune de ces sept journées les sacrificateurs faisaient le tour de
l'autel, disant : « Ô, maintenant, apporte donc le salut, Jah !
Ô, Jah, donne la prospérité ! ». Cependant, le septième jour,
ils faisaient sept fois le tour, se remémorant comment, dans des
circonstances similaires, les murs de Jéricho étaient tombés, et
anticipant que par l'intervention directe de Dieu les murs du paganisme
s'effondreraient devant Jéhovah et le monde resterait alors à découvert
devant Son peuple qui entrerait pour s'en emparer.
« L'eau contenue dans la cruche d'or était ensuite déversée sur
l'autel. Cette cérémonie était estimée d'une importance vitale et
semblait symboliser l'effusion du saint Esprit. Immédiatement après
que cette eau était versée, le Hallel [la louange — Trad.] était
chanté. Celui-ci correspond aux Psaumes 113 à 118. Ils étaient chantés,
comme réponses, à l'accompagnement de la flûte. Tandis que les Lévites
entonnaient le premier vers du Psaume, le peuple le reprenait ; alors
qu'à chacun des autres vers il répondait, Alléluia (Louez l'ETERNEL).
Les sacrificateurs donnaient ensuite une triple sonnerie avec leurs
trompettes d'argent ».
Gilbert Hermetz
V.P.
Mai-Juin 2000 N° 434 p. 34-35